Anaïs, Sénégal, 28 avril 2020

Iankou et son désir de Dieu

A travers le confinement, Anaïs découvre le Sénégal et plus particulièrement la foi et la simplicité de ses habitants… Comme des enfants.

Le jour du vendredi saint, c’est grand ménage…

À la fenêtre se glisse le visage d’un enfant, c’est Iankou. Il a appris que Jésus est mort aujourd’hui. Il aimerait le connaître, voir son visage, le montrer à sa mère. On lui a dit qu’il trouverait ses réponses au Point-Cœur. Giovana prend très au sérieux sa demande, et s’écrie bientôt dans tout le Point-Cœur : « Quelqu’un qui parle wolof s’il vous plaît, un enfant veut savoir qui est Jésus ». Elle sera bientôt rejointe par Justine, qui lui explique qui est Jésus, et le sacrifice de tous ces jourssaints. Iankou écoute. Il reçoit ensuite une image du Christ, et part en courant pour partager à sa mère le trésor qui vient de lui être révélé.

Aujourd’hui, il a toqué à la fenêtre. Avec son ami Alphonse, ils ont demandé des feuilles et des crayons : « Nous voulons dessiner Jésus ! ». Quelques minutes plus tard, ils reviennent avec leurs œuvres d’art, heureux de nous les offrir.

Il y a quelques jours, alors que nous étions dans la chapelle à chanter les complies, nous avons entendu une grande clameur dans la rue, ainsi que des cris et des coups violents frappés à la porte. J’étais un peu effrayée, surtout parce que, depuis que le couvre-feu est instauré dans le pays, personne n’ose sortir après 20h de peur d’être « chicoté » par la police qui ne rigole pas ici. Je redouble de prières et, dès que nous terminons, je monte sur la terrasse m’enquérir de la situation. À ma grande surprise, tout le monde est dehors, tourné vers la lune. On me dit : « Un grand miracle a eu lieu ! Regarde la lune, ne vois-tu pas la Vierge Marie ? ». En effet, l’ombre de la lune laissait deviner le visage de la Vierge Marie portant son enfant. Je me mets à pleurer et à rire tout en même temps, témoin de la foi et de la simplicité des Sénégalais. Vraiment ce peuple est incroyable… « Et si nous ne devenons pas comme des enfants… »